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Cinérgie Productions

Édito

L’usage d’une caméra ne fait pas de nous un réalisateur. De même qu’écrire un livre ne fait pas de nous un écrivain. Un écrivain, un auteur, un réalisateur, c’est celui qui voit ce que les autres ne voient pas. Aussi bien que le poète, il s’émeut du soleil qui répand sa lumière. Il laisse entrer l’inattendu dans son attendu quotidien. Des milliers de réalisateurs voudraient naître à la réalisation, à la lumière. Faute de temps (et souvent de moyens), le producteur joue le rôle de pionnier pour une poignée d’entre eux. J’ai fait de ce métier mon espérance malgré les nouvelles chaînes de la TNT qui nous ont chassés un peu plus loin de ce que nous avions eu de la peine à convaincre : le téléspectateur. Réaliser un documentaire de création devient un acte dissident. Nous tirons de nos films ce goût d’éternité, du moins le croyons-nous car à peine produits, nos films sont déjà menacés d’oubli. Aveugles. Et si les films à forte valeur ajoutée humaine me semblent mieux répondre à mon engagement, c’est pour la seule raison qu’elle répond mieux à mon langage qui ne reposent pas sur une somme de formules.

On le sait, un documentaire n’est que la partie visible de l’iceberg, puisqu’il a fallu trente, quarante, cinquante heures de rushes pour cinquante-deux minutes. Le film, c’est en nous qu’il se monte et qu’il se montre. Mais avant, il a fallu réunir les membres dispersés de la grande famille professionnelle. L’un tire sur ses câbles comme on gréé un voilier, l’autre vérifie sa caméra avec laquelle il a appris la ligne droite. Et c’est ainsi que le voyage commence, à la fois vide et plein. Plein de ces jardins secrets qu’il nous faut découvrir. Non pas pour errer de pays en pays mais pour voyager jusqu’à l’entière circonférence de nation en nation, pour y habiter tout entier dans chacune d’elles, même si, ici et là, les hommes ont perdu leur nom, leur genre (comme on perd le nord), que l’on penserait irrécupérable. Mais ne pas confondre ici but et moyen. Nous intéresse le sillage autant que la destinée.

Le cadreur, les mains sur les commandes, reçoit les premières images comme un don. Et c’est le monde entier qui vieillit devant nous. Exilé volontaire, le réalisateur vit depuis des mois pour cette minute-là. Habitués que nous sommes à voyager professionnellement, on ne se croit pas chez soi. Nous allons là aussi où la vie est un luxe ; là où il faut, jour après jour, sauver son estomac. Car c’est eux qui vivent dangereusement, pas nous. Filmer, c’est parfois connaître la honte face à une misère qui ne dépend pas (que) de soi. Mais c’est aussi être fier d’un plan célébré comme une victoire, c’est sentir, en prenant sa caméra, que l’on contribue à mieux connaître un monde de plus en plus petit. Démarcheur d’esprits, le réalisateur se découvre dans chaque question posée, ouvert à la vie intérieure de l’Autre qui en sait souvent plus long sur la vie que moi-même. Oui, l’image est une conscience. « Que moi, la goutte, je parle avec toi, le fleuve. Que moi, l’instant, je parle avec toi, le temps », dirait Borges. C’est la somme des regards qui fait un film. D’interview en interview le paysage de la vie défile. C’est comme n’être personne pour être tous les hommes. Devant tant de visages entrevus dans ce sublime brouhaha, nous prenons conscience de notre peu d’importance, du rôle ténu que nous jouons sur la planète et nous sommes heureux. Le film prend la direction de la vie malgré la courte autonomie des batteries. Derrière l’œil de la caméra ce sont nos yeux qui nous interrogent. Le film révèle notre part spirituelle. Au nom de la création nous luttons contre notre propre mort. Nous sommes portés par la même planète, embarqués dans le même navire. Pour avoir passé quatre ans en solitaire sur un voilier, j’aime l’éphémère de la vague toujours recommencée. À peine née, aussitôt disparue. De là me vient sans doute cette conscience de l’instant présent comme le dernier.

La roue des astres n’est pas infinie. Arrive le moment où il faut couper le cordon ombilical. Il faut déjà partir, on se sent retenu. La présence de l’Autre nous manque comme nous manque le pain. Nous nous sommes rencontrés pour tenter de se rejoindre soi-même. Les oreilles encore sifflantes de souvenirs, nous prenons conscience, nous aussi, emportés vers notre précarité, que le diaphragme de la caméra vient peut-être de se refermer jusqu’à la fin du monde. C’était l’œuvre du temps pour nous qui n’avions que peu de temps à l’ouvrage. Aujourd’hui, je vous reconnaîtrai dans tous les hommes.

Certains choisissent la voie de la comédie pour colorier les situations tristes, d’autres choisissent le documentaire de création parce que c’est plus fort qu’eux. Et quand on me demande pourquoi je fais ce métier, je réponds que je fais sur terre ce que j’ai à faire. Je sais que les médiathèques du Pérou ne se disputeront pas mes films, je sais que les émirs du Qatar ne rempliront pas mes mains de leur or, mais je sais aussi que c’est en parlant de quelques-uns que l’on parle de tous. Chaque film est une occasion de plus pour parler de la planète, ou plus précisément, de l’humanité, car la planète, innocente ou pas en son évolution, se fiche de l’humanité : elle nous survivra. Il faut donc revenir à la culture, aux hommes, et donc à l’humanité. Voilà bien en définitive de quoi il s’agit : d’humanité, pour ne pas dire : d’humanisme. 

L'Autre : une expérience partagée.

 

Extrait de l'essai "Le documentaire retrouvé"

Historique de la société Cinérgie Productions

Créée en mars 2000 par Pierre MATHIOTE, CINÉRGIE PRODUCTIONS, sarl au capital de 66.000 €, est une société indépendante qui travaille pour les cha&ici [ ... ]


L'équipe de Cinérgie Productions

Producteur - réalisateur - auteur Ancien gymnaste et navigateur, Pierre MATHIOTE a débuté sa carrière d'auteur en écrivant des nouvelles ; il est laur&eac [ ... ]


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