Gudak

Long Métrage / Feature-Lenght Fiction

 Auteur / Réalisateur : Pierre MATHIOTE

 

Nous sommes à quelques heures de la compétition de gymnastique des Jeux Olympiques.

Coup de théâtre, l’équipe chinoise est clouée au lit par un virus. Les autorités chinoises font appel à deux jeunes gymnastes remplaçants. L’un d’eux, GUDAK, a des origines tibétaines qui vont êtres révélées au monde entier par une journaliste française, tout comme il apprendra qu’il a un frère moine tibétain en prison, condamné à mort. 

Parallèlement, privé de toute relation en Chine avec les filles, cette sélection au pied levé est une opportunité inespérée pour GUDAK d’approcher SHU, une jeune et jolie gymnaste chinoise.

Qui, du Tibet ou de la Chine, ce prodige de la gymnastique fera-t-il gagner ?

Entre amour et ambition, le jeune homme devra faire des choix, tout en déjouant les pièges de ses concurrents et de son propre camp, dans un huis clos ouvert sur le monde.

 

Tournage Été 2011

 

London, 2012 Olympic Games. We are a few hours away from the gymnastics event of the Olympic Games.

Dramatic turn of events, the Chinese team is stuck in bed with the flu. The Chinese authorities have called in a substitute, GUDAK, a young Tibetan gymnast. For GUDAK, forbidden to have any relationships with girls in China, being chosen suddenly is an undreamed of opportunity for him to get closer to SHU, a young and pretty Chinese gymnast. Who will this gymnastic prodigy let win, Tibet or China ? Torn between ambition and love, the young man must make choices, whilst dodging the traps laid by his competitors and his own side, behind closed doors with the world looking in.

Shooting planned summer 2011


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NOTE D'INTENTION ET TRAITEMENT FILMIQUE

 

Pourquoi avoir choisi le conflit sino-tibétain ?

Parce que pour moi un film ne saurait surgir de l’indifférence, ni même de la sérénité. En atteste mon travail d’auteur et de réalisateur. En atteste également mes projets de films en développement à forte valeur ajoutée humaine. Et c’est parce que nous avons du mal à nous considérer comme semblables sur notre terre, que le sous-texte de ce film raconte comment nous réussirons ou échouerons à devenir humains ; comment et pourquoi, dans certaines parties du monde, nous sommes-nous abandonnés les uns les autres ? GUDAK est bien sûr une occasion de plus pour parler du Tibet avant les Jeux Olympiques de 2012. Avec GUDAK, nous allons donc revenir à la culture, aux hommes. Voilà bien en définitive de quoi il s’agit : d’humanité, pour ne pas dire : d’humanisme.

 

Pourquoi le huis clos ?

J’aime les huis clos. Parce que c’est une forme contraignante qui oblige l’auteur à construire une dramaturgie serrée. Life boat d’Hitchcock, Misery de Rob Reiner, etc, ou plus récemment Open water de Chris Kentis, dont les quatre cinquième du film peuvent être assimilés à une pièce de théâtre dans l’eau, sont des modèles du genre. Néanmoins, aucun de ces films ne se positionnent comme un huis clos ouvert sur le monde extérieur, ce que propose Phone Game, par exemple, par le biais du téléphone. Aussi, ai-je voulu travailler sur une nouvelle forme de huis clos, mêlant à la fois l’infiniment restreint, le huis clos lui-même, la salle d’entraînement, et l’infiniment grand, les conséquences du huis clos sur le monde extérieur, la toile.

 

Pourquoi avoir choisi la gymnastique comme cadre ?

Parce qu’en tant que réalisateur, je voulais parler du sport que je connaissais le mieux : la gymnastique. J’ai pratiqué ce sport jusqu’à trente heures par semaine. Le but est de tenter de suivre l’expérience intime des corps dans l’espace intime tout autant que dans l’espace aérien propre à la gymnastique. L’histoire entre les deux adolescents sera donc racontée à travers la gestuelle. C’est cette même gestuelle qui constituera le vrai décor du film. Les dialogues du scénario seront donc très souvent intégrés dans un arrière-plan gymnique très photogénique.

Sur la forme aussi, chaque fois que les deux adolescents seront proches l’un de l’autre, je souhaite que la caméra prenne le temps de les observer ; le temps de faire passer la pudeur, la gêne, l’attirance, la séduction, à la façon d’un Terrence Malick dans son long métrage le Nouveau monde, ou nous sommes en temps réel. Filmer une histoire naissante entre deux ados impose une stylisation. La caméra allègera le discours et rendra présente la vulnérabilité des ados qui se cherchent et se protègent comme ils peuvent au milieu des adultes.

Je filmerai aussi d’autres gymnastes en action, des plans incongrus, originaux, sensibles, esthétiques, qui seront comme des respirations. L’alternance d’une caméra qui prend son temps et d’une caméra qui suit la rapidité des mouvements, donnera indubitablement du rythme dans le traitement filmique. Enfin, la configuration même d’une salle de gymnastique permet de travailler sur 360°. La caméra ne sera pas bloquée entre deux points de décor. La spontanéité du placement de la caméra et du cadrage interdisent d’éclairer les scènes de manière artificielle. Il n’y aura donc pas de câbles ni de projecteurs dans le champ.

 

Les effets spéciaux

La gymnastique est un sport considéré à juste titre comme l’un des plus spectaculaires et des plus forts en émotion. Quand Truffaut parle de la notion de « spectacle », cela ne signifie pas qu’il est nécessaire d’avoir recours à des effets spéciaux. Filmer un mouvement de gymnastique est en soit une « cascade » spectaculaire qui se suffit à elle-même. De ce point de vue, GUDAK est un film qui ambitionne de faire ressentir au spectateur des émotions immédiates qu’il aurait aimé connaître dans sa vie s’il avait pratiqué la gymnastique. Je filmerai la gymnastique de « l’intérieur ».

Quelques mots sur le son. Très sensible à la musique et au son, ce dernier sera au plus près de la situation, du plan. Lorsque nous embarquerons une caméra sur le corps du gymnaste, le son accentuera l’expérience de la sensation. Il nous fera passer d’une extériorité à une intériorité. Le son déjouera néanmoins le réel. Il produira une matérialité étrange. Il deviendra le lieu de l’imaginaire et participera à la part artistique du film.

 

Pierre MATHIOTE 

STATEMENT OF INTENT AND FILM TREATMENT 

Why choose the Sino-Tibetan conflict ?
Because, for me a film can never coast on indifference, nor serenity, even. My work as author and producer is a witness to this. As is my commitment to developing works of highly added human value. Moreover, it is because we find it difficult to believe that we are like others on this earth, that the unspoken text of this film relates how we succeed or fail to become human beings; how and why in certain parts of the world, we have abandoned each other. GUDAK is of course an occasion to talk about Tibet before the 2012 Olympic Games. With GUDAK, we are going to get through to culture, to men. That's what its about at the end of the day, humanity, or, taking it further, humanism.

Why a « huis clos » ?
I like in camera. Because it is a constraint that obliges the author to construct a tight dramatic setting. Hitchcock's Lifeboat, Rob Reiner's Misery, etc, or more recently Chris Kentis' Open Water in which four-fifths of the film can be likened to an underwater theatrical play, are all examples of this type. Nevertheless, none of these films take the position of an in camera situation looking onto the external world such as in Phone Game, for example, through the means of a telephone. I therefore wanted to work on a new form of in camera, mixing all at once the infinitely restricted, the in camera itself, the training gym with the infinitely large, the consequences of this in camera on the external world, the Web.

Why choose gymnastics as a setting ?
Because for my first fictional full-length film as Producer, I wanted to speak about the sport I know best: gymnastics. I practiced this sport at a high level, working up to thirty hours per week. The aim is to try to follow the intimate experience of their bodies in the intimate space as much as in the air space belonging to the gymnastics domain. The story between the two of them will therefore be told using gesture. It is this same use of gesture that creates the backdrop to the film.
In terms of structure, each time the two adolescents get close to each other, I want the camera to take time to observe them; long enough to pick up on the modesty, embarrassment, attraction, seduction, as Terrance Malick does in his full-length film The New World, where we are in real time. To film a growing relationship between two adolescents imposes stylization. The camera lightens the dialogue and brings to the surface the vulnerability of the adolescents who are self-consciously learning who they are and shielding themselves the best they can in the adult environment.
I will also film other gymnasts in action, incongruous, original, sensitive or aesthetic which will be like breaths of air. The alternation between a camera which takes its time and a camera following rapid movements will undoubtedly give the rhythm for the filming treatment. Finally, the way a gymnastics training room is laid out means that we can work at 360°. The camera will not be blocked between two blocks of decor. The spontaneity of the camera's movements and the framing will not allow us to use artificial light, which means that there will be no cables or projectors in the visual field.

Special effects
Rightly so, gymnastics is considered as one of the most spectacular and highly emotional sports. When Truffaut speaks of the notion of « spectacle », this does not necessarily mean using special effects. The filming of a gymnastics movement is a « cascade » in itself which is enough. From this point of view, GUDAK is a film whose ambition is to make the spectator feel immediate emotion which he would like to have experienced himself, had he practised gymnastics in his own life. I will film gymnastics from the « inside ». In this respect, you will find in the attached file some pictures taken in the high level Gymnastics Training Institute. As a former gymnast, I forced myself to find original angles that cannot be shown on television. You will see among other examples, what can be done by fixing a camera to a moving gymnast. It goes without saying that this needs working on but the pictures still give a good idea of what is possible to be done or explored. Effectively, the scenario dialogues will often be integrated into a highly photogenic gymnastic backdrop.
A few words concerning the sound. Highly sensitive to music and noise, the sound will be as close as possible to the situation and shot. When we put a camera on a gymnast's body the sound will accentuate our experience of the sensation. It will take us from outside position to an inside one. Nonetheless, the sound will destabilise reality by producing a strange materiality. It will become the place of imagination and will participate to the artistic aspect of the film.

Pierre MATHIOTE Film-maker

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